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Conduite à tenir à propos du dépistage du déficit enzymatique en dihydropyrimidine deshydrogénase (DPD) : position du conseil d'administration  de la SoFOM 

Le conseil d’administration de la Société Française d'Oncologie Médicale constate qu’il n’est pas possible en l’état actuel de dépister tous les malades devant être traités par 5 FU ou capécitabine, et dans des délais raisonnables, compte tenu de leur nombre important et du nombre de laboratoires capables de doser l’enzyme en question (17 à ce jour). 

Actuellement, les prescripteurs disposent de recommandations de l’ANSM en date du 28/02/18 qui ne sont pas opposables juridiquement  et ils sont dans l’attente de la synthèse complète de la littérature et des avis d’experts attendue en 2018 à la demande de l'INCa (résultats sur les performances des différentes approches disponibles dans le cadre du PHRC Cancer FU-SAFE (génotypage, phénotypage, approche combinée) et de recommandations européennes sur le repérage des malades atteints de déficit total ou partiel en DPD. 

Il est rappelé que le financement est à la charge des établissements dans le cadre du RIHN (actes innovants hors nomenclature) dont les contours ne sont pas extensibles ... 

Sachant que le risque de complication grave est faible (déficit partiel entre 3 et 10% ou total 0,1 et 0,5% au sein de la population caucasienne), la SoFOM propose, dans cette période intermédiaire, sans recommandations opposables, les attitudes suivantes, basées sur l’expérience et l’évaluation de la balance bénéfice-risque. Ces attitudes seront expliquées au patient et à sa personne de confiance par l’oncologue référent :

  1. Examiner au sein de l’équipe d’oncologie, pour chaque prescription de  5FU ou de capécitabine, la possibilité d’une alternative à cette prescription par rapport à l’indication, notamment en situation adjuvante,
  2. Examiner au sein de l’équipe d’oncologie, l’intérêt de la prescription par rapport à la ligne thérapeutique de la maladie et l’estimation du potentiel de réponse au 5 FU et à la capécitabine,
  3. Avertir le malade et son entourage du bénéfice/risque en fonction de la situation clinique avec traçabilité dans le dossier médical,
  4. Faire le dosage de DPD systématiquement pour les malades pour lesquels la non utilisation du FU/capécitabine apparait comme susceptible d’être à l’origine d’une perte de chance importante en l’absence d’alternative thérapeutique validée, en tenant compte des délais prévisibles du résultat du dosage : cancer ORL, cancers digestifs …

Dans ces conditions, il convient que les équipes d’oncologie soient en lien avec un ou plusieurs des 17 laboratoires pouvant réaliser les analyses. Le conseil d'administration de la SoFOM souligne à cette occasion les difficultés de mises en application de cette recommandations.